Une artiste haute en couleurs – la berlinoise Sophie Holstein

Mon rendez-vous avec la jeune artiste berlinoise Sophie Holstein fait partie de ces rencontres rares qui donnent à une journée une nouvelle coloration, en l’occurrence éclatante.
Ce qui frappe chez elle, d’abord, c’est son énergie contagieuse et son acuité d’esprit qui prend sur le vif tout autant que sa beauté blonde.

On rejoint son atelier par les dédales de couloirs d’un immense bâtiment de briques rouges où sont loués des ateliers d’artistes par la mairie de Berlin. Ça sent la peinture à l’huile dès les escaliers, on est dans Kreutzberg, un quartier un peu bobo qui monte.

Sophie Holstein travaille beaucoup, souvent de manière frénétique pendant de longues périodes. Une course d’endurance qui la fait peindre, dépeindre et repeindre ses toiles, travail qu’elle oppose à la rapidité d’exécution du dessin qui vient « blesser » le papier quand la peinture caresse longuement la toile. Entre douceur et aspérités, veloutés et incisions, son œuvre est toute en nuances sourdement déployées dans des scènes où les humains semblent ne pas tout à fait se comprendre, tout à leur solitude. Si certaines couleurs acides et formes anguleuses pourraient être proches de Max Beckmann, c’est plutôt aux êtres muets et insaisissables de Balthus que me font penser ses toiles. Pourtant, chez elle, il y a une énergie irradiante par la puissance des jeux de couleurs, la beauté des compositions et de l’espace réorienté selon des perceptions plus sensibles que réalistes.

Avec des toiles délibérément sans titres,  Sophie Holstein ne souhaite pas accoler un sens à chaque objet ou geste, une logique fixe qu’il faudrait déchiffrer comme dans un rébus. Au contraire, les éléments d’un tableau fonctionne comme un tout qui créé une atmosphère chargée de mystère, ne pouvant se disséquer. Dans cette communauté incongrue d’êtres et de choses se montrent des magnétismes et des affinités électives mystérieuses, des histoires dont on ressent les vibrations plus qu’on ne les conceptualise.

« A good painter is a good decision maker ». Assurément, Sophie Holstein trouve cette alchimie si rare qui fait qu’un tableau vous reste sur la rétine et transforme la perception du monde – en tout cas la mienne.

Pauline

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Classé dans Rencontres

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