À Munich : la collection Brandhorst (vol. 2)

Mazu, Silence (Ten Thousand Waves), 2010 Endura Ultra photograph, 180 x 240 cm, courtesy of the artist

Suite de notre ballade munichoise.

En bonne institution culturelle, le musée Brandhorst présente, outre ses collections, plusieurs expositions temporaires. La première confronte le travail de Dan Flavin à celui de Mike Kelley. Le titre de l’exposition Two different stances in american art résume parfaitement tout ce qu’il y a dire de ce rapprochement, quelque peu factice. La seconde est consacrée à Isaac Julien, et présente deux de ses films True North et Ten Thousand Waves, deux invitations au voyage et au dépaysement. Si les paysages enneigés du grand Nord laissent plutôt de glace, Ten Thousand Waves et « l’empire du Milieu » exercent plus facilement leur emprise sur le visiteur.

Pour cette œuvre présentée pour la première fois mondiale à la Biennale de Sydney en mai dernier, Isaac Julien a fait appel à l’actrice Maggie Cheung, et c’est effectivement un parfum d’In the Mood for a Love qui plane à Munich.

Ten Thousand Waves, 2010 Endura Ultra photograph, 180 x 240 cm Courtesy of the artist

Au sous-sol du Museum Brandhorst, à côté des effigies pop warholiennes et des piluliers hirstiens sont suspendus dans une petite salle neuf écrans. Sur chacun d’eux est projeté de manière plus ou moins synchrone une version du film, mais réalisée selon une prise de vue ou un angle différent.

Isaac Julien, Ten Thousand Waves, vue de l'installation

La disposition des écrans, qui entourent le spectateur, ainsi  que les relations entre les différents plans créent un effet quasi-hypnotique, le regard passant frénétiquement d’un écran à l’autre, cherchant à saisir et percevoir l’intégralité de l’œuvre. A l’origine de Ten Thousand Waves se trouve la tragédie de Morecambe Bay au Nord-Ouest de l’Angleterre où, en 2004, 23 ramasseurs de coques chinois périrent noyés. À la demande de Julien, le poète chinois Wang Ping composa un poème intitulé Small Boats qui est récité dans l’œuvre.

Waves (Ten Thousand Waves), 2010, Endura Ultra photograph, 180 x 240 cm, courtesy of the artist

Autour de la légende chinoise de la déesse Mazu – une divinité protectrice des pêcheurs honorée dans la province du Fujian dont les ramasseurs de coques étaient originaires –, Julien élabore une véritable fresque historique. On plonge dans une évocation onirique de la Chine passée et présente, une évocation poétique mais néanmoins engagée. Preuve – s’il en fallait encore – de la possibilité de réaliser des œuvres belles et profondes.

Elodie Voillot.

Exposition Isaac Julien, Ten Thousand Waves, au Museum Brandhorst jusqu’au 30 mars 2012.

Site d’Isaac Julien : http://www.isaacjulien.com/home

Site dédié à l’oeuvre : http://www.isaacjulien.com/tenthousandwaves/index.php

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