Rosascape / This is not a book

Katinka Bock, Blaue Stunde Raum, 2012.

Le livre est, pour beaucoup d’artistes, une récréation. Dans l’espace compris entre les deux couvertures, c’est un monde de possibilités très différentes de celles des médiums traditionnels qui s’offre à eux. Un espace à composer, recomposer, distordre ou déconstruire.

Depuis sa création en 2009, Rosascape a édité et produit des livres d’artistes. Livres à regarder autant qu’à lire, livre à feuilleter, à s’approprier. Car l’un des plus grands plaisirs que l’on peut trouver dans le livre d’artiste, c’est de pouvoir le toucher, l’empoigner, le caresser. Et ainsi d’éprouver l’oeuvre, non plus seulement visuellement mais physiquement.

Disposés sur de hautes tables, les livres ne demandent qu’à être ouverts. On se sent un peu chez soi chez Rosascape, et il ne faudrait pas grand-chose pour que l’on ait envie de rester un après-midi entier à bouquiner dans ce coquet appartement transformé en espace d’exposition. Mais le soin apporté à la présentation des ouvrages en fait des œuvres d’art à part entière. Il faut en effet enfiler une paire de gants blancs pour manipuler Blaue Stunde Raum de Katinka Bock (2012). Une manipulation tenant presque du rituel. Cette édition de 8 monotypes a été réalisée à la suite de son exposition personnelle chez Rosascape (décembre 2011 – février 2012). Telle une vague se répandant sur le sable, les monotypes se déroulent et se révèlent dans leurs replis. Chacun est l’empreinte prise sur les fenêtres d’une des salles d’exposition que l’artiste avait enduites de peinture bleue et sur laquelle elle avait disposé des morceaux du dehors, fragments prélevés au monde extérieur (végétaux, morceaux de cartons, …) dont les silhouettes affleurent sur la feuille.

Benoît Maire, Esthétique des différends, 2011.

Au parti pris purement plastique de Katinka Bock répond le projet de Benoît Maire, Esthétique des différends, une réflexion personnelle sur l’œuvre de Jean-François Lyotard toujours en élaboration. Le « livre », si c’est comme cela que l’on peut l’appeler, se compose d’une boîte entoilée accueillant plusieurs cahiers de seize pages chacun.  La boîte est trop grande pour les cahiers qui s’y trouvent. C’est pour laisser de la place à ceux qui sont en devenir, qui viendront les poursuivre et les compléter. Ouvrage en construction, son élaboration suit l’évolution de la pensée de Benoît Maire. C’est un livre vivant dont on ne sait quand viendra le point final.

Elodie Voillot.

Exposition This is not a book chez Roscape, du 30 mai au 8 juin.

http://www.rosascape.com/site/livres-artistes.html

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