Galerie Daniez et de Charette / Lignes en séries

C’est dans un ancien atelier de confection reconverti en espace de coworking pour jeunes graphistes dans le vent que la galerie Daniez et de Charrette s’est installée pour quelques semaines. Dans cet espace lumineux et accueillant, on se sent presque comme à la maison, et les œuvres s’y découvrent et s’y révèlent avec familiarité. Second volet d’un diptyque se partageant entre Paris et Bratislava, l’exposition Lignes en séries poursuit son exploration de la notion de sérialité dans des œuvres graphiques et sculptées, interrogeant également le rapport de ces deux médiums à la ligne.

Sculpture de lignes, le Cœur de Caroline Corbasson oscille au-dessus des têtes. Sa forme, qui rappelle celle des croquis dont les jeunes filles ornent les marges de leurs cahiers, se redessine perpétuellement dans son balancement.  À cette structure aérienne, toute faite d’acier, répondent les délicates et organiques suspensions de Samuel Yal. Tranches de tête à proprement parler – n’ayons pas peur des mots –, elles recomposent dans les airs les graphiques arabesques des circonvolutions du cerveau.

Sur un grand mur blanc se déploient les Écorchés de Mathilde Roussel. Des peaux de papier dont la texture, souple et rigide à la fois, donne irrésistiblement envie de les toucher, même si l’on se dit que le moindre geste et la moindre caresse pourraient leur être fatal. Trophées de chasse durement – longuement – obtenus, ils sont pareils aux précieuses reliques d’un déshabillage complet. Mais nul ne sait qui y a réellement laissé sa peau.

À côté, le travail de Mathieu Bonardet s’expose tel un processus. How much is one million steps? est constitué d’une photographie, d’un protocole et de plusieurs panneaux parcourus de traits tirés à main levée. Ces derniers forment une frise – l’artiste fait courir son crayon tenu bras tendu le long de son corps alors qu’il passe et repasse devant son support –, scandée rythmiquement par sa présentation morcelée. L’œil du spectateur, en suivant cette ligne fragmentée, rejoue en mode mineur la promenade frénétique de Mathieu Bonardet.

Avant de sortir, un coup d’œil jeté dans une salle adjacente vous arrête. Ou plus exactement, c’est une cinquantaine d’yeux qui vous observent et attirent votre regard. Collection de cocards dans un sens propre très figuré, Inimité de Benoît Blanchard vous renvoie à vos rancoeurs quotidiennes et autres amertumes ravalées. À tous ces coups désirés mais jamais portés. L’espace d’un instant, le sentiment se fige, le souvenir renaît et se fond dans la somme de ces sensations vécues et partagées.

Elodie Voillot.

Nota : Parce qu’une histoire est entre de naître entre la galerie Daniez et de Charrette et le Laptop, l’exposition devait se finir aujourd’hui va être prolongée. Plus de détails bientôt concernant les modalités de visite.

Exposition Lignes en séries, galerie Daniez et de Charette au Laptop.

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